L’autobiographie

Définition

L’autobiographie est le récit rétrospectif de sa propre existence, sous ses aspects les plus intimes. Dans l’autobiographie, la relation entre l’auteur et son public s’établit dans le respect d’une triple règle:

1. Auteur, narrateur et personnages sont confondus;

2. L’auteur s’engage à dire la vérité;

3. Le lecteur est constitué en juge du récit (l’auteur se justifie de ses fautes passées).

L’auteur, narrateur, personnage principal livre une synthèse de son expérience. Il embrasse l’ensemble de sa vie individuelle recompose l’histoire de sa personnalité. Le narrateur considère rétrospectivement son expérience passée, sur laquelle il jette un regard neutre, attendri ou ironique selon les cas.

L’écriture autobiographique

le fait que « Je » parle de « me », et rapporte au présent ou au passé, des actions et faits remémorés, confère à l’écriture autobiographique certaines spécificités, qui en font aussi la complexité. Jean Jacques Rousseau

  1. L’importance du « je »: dans l’autobiographie, le « je » représente à la fois l’auteur, le narrateur et le héros, celui qui écrit et celui qui raconte ne font qu’une seule et unique personne, dotée d’une histoire et d’une existence historiquement vérifiable.  Revivant dans les confessions, un épisode de son adolescence Rousseau se « détache » de celui qu’il met en scène, il observe et explique les agissement du jeune homme qu’il a été et exprime les sentiments que le procure ce souvenir.
  2. La place de l’analyse: l’écriture autobiographique fait alterner, parfois de manière très complexe, récit et analyse. La volonté de se justifier, de comprendre ses propres comportements, conduit à compléter le récit des faits d’explications les justifiant a postériori. Les œuvres autobiographiques sont ainsi caractérisées par la présence d’indices qui traduisent le porté par l’écrivain sur une période donnée de sa vie. 
  3. Le jeu des temps: l’écriture autobiographique, est marquée par le décalage entre le moment de l’écriture (temps d’énonciation), retranscrit sous l’éclairage du présent. Ce va-et-vient entre différentes période s’observe également dans l’alternance entre le temps du discours et le temps du récit. La coupure temporelle s’estompe parfois car le passé lointain laisse des traces dans le présent de l’écriture.

Les genres proches de l’autobiographie

  • L’autoportrait: l’auteur, dans ce genre d’œuvre, analyse sa personnalité, mais sans raconter le déroulement de sa vie.
  • Le journal intime: ce n’est pas non plus un récit rétrospectif et global, puisqu’il est écrit au jour le jour avec l’énonciation du discours. Beaucoup d’écrivains ont vu le leur publié, ce qui ne correspond pas nécessairement à leur intention de départ.
  • Les mémoires: Ces textes ne sont pas centrés sur la vie intime de l’auteur, mais sur les évènements historiques dont il a été le témoin.
  • Les correspondances: elles donnent à lire au public des lettres adressées à l’origine à un destinataire privé. Les usages sociaux font qu’à certaines époques les lettres sont lues dans les salons ou sont publiées en recueil; les auteurs le savent et en tiennent compte. Les correspondances révèle la vie des auteurs mais d’une manière partielle, discontinue et orientée en fonction du destinataire.
  • Les biographies: elles racontent la vie de personnes célèbres et sont rédigées par des spécialistes (historiens, critiques) ou par des journalistes.
  • Les récits de vie: genre apparut récemment, proposent la biographie de personnes inconnues, mais dont la vie est originale. Ces récits sont souvent écrits sur commandes à partir des confidences recueillies au cours d’entretiens. Ce genre est très populaire, mais souvent méprisé par les cercles lettrés.

Fonctions de l’autobiographie

Parler de soi. L’autobiographie raconte sa propre vie, et tout particulièrement les moments et les épisodes marquants; son enfance, ses relations avec ses parents et ses amis, ses lecteurs, ses premières amours ou ses premiers chagrins.

Il est confronté aux problèmes du temps qui fuit, du souvenir qui se brouille, des changements irréversibles, de la mort. Le lecteur est son confident. De ce point de vue, l’autobiographie relève du registre lyrique.

Mais l’autobiographie sert aussi à expliquer la formation d’une personnalité, et à justifier des choix et des actes. Ainsi, Rousseau entreprend-il d’écrire les Confessions pour faire comprendre et persuader le lecteur qu’il est vraiment un homme de bien, malgré ce que dissent de lui ses détracteurs.

De ce fait, l’autobiographie relève aussi de l’argumentation: elle peut se faire plaidoyer ou réquisitoire.

Faire œuvre d’art. Quel que soit son désir de sincérité et de vérité, l’écrivain qui rédige son autobiographie a des préoccupations esthétiques: il choisit l’ordre de la narration, développe plus ou moins certains épisodes plus que d’autres, adopte un ton et un style d’écriture particulier.

L’autobiographie d’écrivain n’est pas un « document » qui aurait valeur de vérité historique, mais une œuvre qui se distingue par ses qualités esthétiques et intellectuelles.

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